Actualité du jeu, 16/07/2020 - 11:07
Catégories : Akata

Qu'est-ce que #WeLoveManga ? Un mouvement collectif, lancé à l'initiative de Manga.io porté par les acteurs du manga en France (éditeurs, libraires, mangakas...) en vue de sensibiliser les lecteurs à la problématique du piratage.

Pourquoi maintenant ?

En étudiant de près la consommation de mangas en France, il a été constaté que sur 400 millions de chapitres lus chaque année, plus de la moitié l’était de façon illégale. Autrement dit, c’est comme si les mangakas, les éditeurs et les libraires n’étaient rémunérés que pour la moitié de leur travail. Ces chiffres ont été ramené à l’échelle d’une année pour arriver à une date symbolique : à partir du mois de juillet, les professionnels ne sont plus rétribués et travaillent gratuitement.

Quelles actions mener ?

C’est en rassemblant l’immense communauté de lecteurs de mangas que nous pourrons arriver à un meilleur système. Pour soutenir le mouvement, c’est très simple : vous pouvez reposter les visuels publiés sur les réseaux sociaux en l'accompagnant du #WeLoveManga.

Du côté des Editions Akata…

Nous rappelons que les Editions Akata restent une maison d'édition indépendante, et que chaque publication (aussi anodine puisse-t-elle paraître) représente une véritable prise de risque. Nous publions des ouvrages que nous voulons partager, sans nous soucier de leur succès au Japon, pour essayer de construire un catalogue centré sur l’humain. Aussi, nous tenons à rappeler que derrière chaque ouvrage, chaque série, se cachent de nombreuses personnes. Les auteurs avant tout, mais aussi les traducteurs, graphistes, correcteurs… Plusieurs mangakas se sont d’ailleurs déjà exprimés publiquement, quant à leur inquiétude, leur colère, leur peine, de voir leurs oeuvres piratées en français. Shinobu Seguchi, Souryu, Natsumi Aida, pour n’en citer que quelques-uns.

  

Aujourd’hui, plus que jamais, pour soutenir la diversité éditoriale des mangas en français, et nous permettre - ainsi qu’à tous les éditeurs motivés - de vous proposer des oeuvres de plus en plus pointues, la seule solution reste de soutenir l’offre légale.

Commentaires

Julia le 16 07 2020 22:03

Quelques réflexions en l'air, que j'espère pas trop à côté de la plaque (n'hésitez pas à me gronder si c'est trop à côté de la plaque :p) :

Le piratage dans le domaine du manga est une sorte de cercle vicieux.

De ce que je comprend d'autres medium qui ont réussi à marginaliser le piratage, ils l'ont fait en développant une offre légale solide qui permet de satisfaire la majorité des publics (et pas seulement "du public").

Et le manga en francophonie est encore loin d'une offre légale solide : les œuvres "grand public" contemporaines sont bien couvertes, par contre les œuvres dites "patrimoniales" ou plus généralement "de niche" sont très mal couvertes, il y a aussi un manque cruel de rééditions.
Ce manque de rééditions fait qu'une fois que l'on a loupé la sortie originale, on est obligé de se rabattre sur l'occasion (ou la bibliothèque si on a de la chance), qui fait certes vivre des acteurs locaux, mais pas les créateurs ou éditeurs, et les prix de l'occasion sont souvent prohibitifs.

Dans un même temps, le piratage empêche le développement de cette offre légale, particulièrement en ce qui concerne les différents marchés de niche qui sont financièrement plus risqués.
En anecdote, la traductrice américaine Rachel Thorn était partie en croisade anti-piratage sur Twitter il y a un an ou deux, et elle avait relaté que plusieurs de ses propositions de traduction avaient été retoquées par l'éditeur car les mangas étaient déjà dispo en scans illégaux. J'imagine que c'est tout à fait vrai.

Bref, pour vaincre le piratage il faut une offre légale solide, mais le piratage empêche l'émergence de cette offre légale solide… le serpent qui se mord la queue.

Par contre j'ai cru voir passer le fait que les éditeurs japonais se sont lancés en croisade contre les sites de scans ; japonais mais aussi plusieurs occidentaux.
Avec la contraction du "marché illégal" que ça engendre, c'est peut-être le moment de prendre des risques sur le marché légal justement… bon après il y a la crise économique qui se profile… :'(

Je tiens à noter que pour "prendre des risques", je m’adresse plus aux gros groupes du genre Glénat, Pika ou Kana plutôt que les petits éditeurs comme vous ; beaucoup de vos mangas sont déjà "de niche" et donc risqués, vous faites déjà le job. :)

C'est assez ironique je trouve : moi et mon compagnon aimons des mangas plutôt "de niche", lui le gekiga et moi le shōjo (patrimonial si possible ! TT), du coup on regarde des éditeurs comme vous, Le Lézard Noir, Cornélius, Isan… parce que les gros ne s'aventurent pas trop sur ces domaines, alors qu'ils en ont des reins bien plus solides pour supporter un échec et peuvent donc en théorie plus facilement se le permettre.

L'autre chose que je trouve triste, c'est que de mémoire du dernier bilan annuel de Livre Hebdo, le manga est ce qui porte la bande dessinée sur le marché francophone. Et que malgré cela, les éditeurs de mangas restent globalement bien fragiles pour développer cette offre légale solide. J'imagine qu'il est difficile de suivre la véritable industrie que représente le manga au Japon. :(

Laissez un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.