Réactions à chaud après l'ouverture du PIFFF 2018

Portrait de SHKareshi
Billet écrit par SHKareshi
Le mer, 05/12/2018 - 00:37
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Allez, puisque je me suis fait inviter à la soirée d'ouverture du PIFFF, je me sens un peu obligé de poster quelques réactions à chaud… Il est pas très tôt, je suis fatigué et jetlagué, j'ai encore des epubs à livrer avant demain matin, donc, ça sera probablement très construit et confus… Quoiqu'il en soit - même si je suis pas resté pour le second film, déjà vu dans l'avion - je ne regrette pas une seconde de m'être déplacé. J'avoue que je n'avais aucune idée du film que j'allais voir. Je suis complètement déconnecté de l'actualité cinématographique. J'avais bien aperçu l'affiche rouge, avec quatre filles en pose vaguement sexy. Je suppose que j'avais imaginé - trop rapidement - un simple film défouloir et jouissif. Perdu, c'était bien plus ! "On" m'avait pourtant prévenu que ça me plaîrait…

Les "trigger warnings" en ouverture du film m'ont déjà fait lever un sourcil… Parmi lesquels, dans l'ordre (je crois ?) : Sexisme, Homophobie, Transphobie, Male Gaze, Egos Fragiles d'Hommes (ça allait vite, j'ai pas tout lu, mais j'ai pioché dans la liste sur le compte twitter de "Sens Critique") C'est pas du tout innocent… Sur le coup, je savais pas trop sur quel pied danser. Mais très vite, la présence d'une héroïne trans a fini de piquer ma curiosité. Je m'attendais à un film d'action un peu vulgos, et finalement, c'était tout autre chose. À ma décharge, je n'avais rien lu, rien vu, pas même une bande-annonce. Il semble que le film est surtout présenté comme un pamphlet anti-dérive des réseaux sociaux, et de l'impact qu'ils ont sur la vie des jeunes (harcèlement, culte de l'apparence…). Et aussi sur les dérives du jugement public, d'une société où la vigileance excessive rend toute parole impossible. Mais au final, je crois que c'est surtout un très bon film féministe qui prend de revers le spectateur (surtout cis-hétéro et/ou "blanc", rayez les mentions inultes). Rien que le traitement de l'héroïne trans, qui me semble très intelligent et juste. Et signalons que ce personnage est joué par une vraie femme trans et, de surcroit, ne sert pas de "variable d'ajustement" !!!! Bien au-delà, avec son affiche sexy, je suppose que le film va attirer un public plutôt "bourrin", en quête de défouloir et de plan pour se rincer l'oeil… Mais qui va au final en prendre cher pour son grade. Je ne parlerai pas trop du film, en lui-même, ni de la manière dont il change de ton pour finalement fournir ce qu'il annonce (un bon massacre défouloir), mais plutôt de l'observation que j'ai faite, pendant et après la séance. En fait, oui, je suis content d'avoir pu voir le film lors de cette ouverture, avec le public. Les réactions, à des moments tellement calculés par le réalisateur, que ça en devient fascinant. Et puis, à la fin, une grande majorité des hommes cis-hétéros, blessés dans leur égo, qui faisaient marcher leurs méninges à fond pour trouver tous les arguments imparables pour critiquer le long-métrage (je suis près à parier que le film va se faire descendre à coup d'arguments très intellectualisés, très recherchés & co). Il suffisait de tendre l'oreille, c'était incroyable… et tellement hypocrite à la fois. Car l'affiche, ce qu'elle vend, ce sont des filles sexys, pour peut-être se rincer l'oeil. Mais au final, (entre autres choses) le film critique ouvertement une hypocrisie généralisée, avec racisme, slut-shaming et misogynie montrée du doigt frontalement. Forcément, ça heurte une grosse partie des spectateurs. Des spectateurs qui, à la fin de la séance, se comportent comme certains personnages du long-métrage, sans même s'en rendre contre. À ce point-là, c'est presque méta, et c'est le coup de force du long-métrage : blessés dans leurs égos, une partie des critiques risquent de se comporter exactement comme les misogynes dénoncés dans le long-métrage, mais du même coup, renforçant parfaitement son propos. Et j'avoue que je trouve que c'est pas loin d'être un coup de génie d'avoir, du coup, mis Assassination Nation en ouverture du festival. Façon "prends-en pour ton grade" ! (désolé à celui que j'ai manifestement vexé en fin de séance… c'était vraiment pas le but… j'exprimais juste mon enthousiasme…)

Bon et sinon, je ne suis donc pas resté pour le second film (parce que comme dit précédemment, je l'avais vu dans l'avion, lors de mon trajet de retour). Point commun avec le premier ? Je l'ai vu sans avoir rien vu, rien entendu à son sujet, à part qu'il avait fait le buzz au Japon. Alors quand j'avais appuyé sur play, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre. Je réalise très vite qu'il s'agit d'un film de zombies très méta… en plan séquence ?! Je me retrouve très vite absorbé. Je trouve ça chouette, sympathique, tout en me demandant combien de temps ils vont pouvoir tenir comme ça. Et j'avoue, je me demande aussi pourquoi "Ne coupez pas !" a fait autant parler au Japon ?? Et là, comme dans le précédant long métrage, gros revirement à la moitié. Chapeau bas ! Au final, j'ai trouvé ça tendre, bienveillant, très axé sur les personnages et attachant. Bizarre de dire ça d'un film de zombies ? Eh oui… en tout cas, surtout, ne le lisez pas trop dessus, vous risqueriez de vous faire spoiler, et gâcherait une grosse partie de la surprise. Je n'en dis pas plus !

Au final, donc, deux films, deux ambiances, avec un gros point commun : des grosses ruptures en plein milieu, de manières très assumées, et qui font des films des vrais surprises. Par contre, je recommande vraiment d'éviter les bandes-annonces, et toutes les chroniques/critiques qui en diraient trop.

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