Pas de ça chez moi !

Portrait de SHKareshi
Billet écrit par SHKareshi
Le mer, 11/02/2015 - 00:38
Catégories: 

Je viens donc de découvrir, en replay, le documentaire diffusé hier soir, sur France 2 : "Souffre-douleurs : ils se manifestent". Et que dire… Que dire que trop souvent, encore aujourd'hui, ce genre de documentaire et de témoignages réveille en moi de bien désagréables souvenirs. Les souvenirs d'un enfer quotidien, subit, éprouvé, pendant deux très longues années. Comme le disait une de mes très bonne amie : "Cela laisse des traces à jamais". Oui, sans aucun doute, et cela modifie votre rapport au monde et à autrui. Pour toujours.

"Ijime"… "Bullying"… Au Japon ci, aux USA ça… Mais en France, nous sommes trop civilisés pour ce genre de comportement, n'est-ce pas ? Il est tellement facile, hélas, de se cacher derrière des mots étrangers, de ne pas accepter de regarder la réalité de notre pays : le harcèlement scolaire quotidien prend en France, comme ailleurs, des proportions infernales pour ceux qui le vivent. Mais combien de fois ai-je entendu/vu/lu, que ce soit dans la "grande presse" ou même autour de moi "Mais non, chez nous quand même, ça ne prend pas les mêmes proportions" ? Eh bien pourtant, si… Mais il faut hélas attendre des drames pour que la plupart des gens accepte cette réalité. Et encore… Des enfants de 13 ans se pendent dans le plus grand anonymat, et les vraies questions sont étouffées.

J'ai très longtemps été en colère face à cette réalité, face à cette hypocrisie ambiante, face à cette presse culturelle incapable d'aller plus loin et de dresser les parallèles avec ce qui se passe chez nous. Combien de fois une chronique mal écrire d'un manga sur l'ijime, genre "ouh là là ils sont pas bien au Japon" m'aura mis dans une rage folle ? Je ne saurais le dire… Ce que je sais aujourd'hui, par contre, c'est qu'il serait temps d'arrêter de commenter l'éditorial japonais, le contenu des oeuvres, en commençant par des "Au Japon" ou "Dans la société japonaise".

  

Lisez Life, lisez A Silent Voice, lisez C.L.A.S.S. … Et regardez GLEE, aussi. Ces oeuvres d'utilité publique devraient être dans tous les CDI de France. Elles devraient être imposées à tous les personnels éducatifs, d'ailleurs. Lisez et ouvrez les yeux, pour accepter une réalité : ces oeuvres ne sont pas des fictions lointaines, mais elles parlent de la réalité. De NOTRE réalité, de ce même enfer quotidien qui pousse chaque jour, y compris et surtout en France, des jeunes à se suicider. Les artistes et sociétés du Japon et des USA ont au moins l'honnêteté de regarder ce problème en face, d'ouvrir le débat, aussi délicat soit-il. Parce que la première étape pour guérir un mal, c'est de l'identifier, de le nommer. Sans cela, il reste pernicieux et invisible.

Pour découvrir le documentaire en replay, cliquez ICI.

Pour se rendre sur la page informative créée à cette occasion, cliquez ICI.

Commentaires (3)

Portrait de Lilianneterre

"La violence n'est pas une erreur du système, elle en est la base" : le titre du livre résume tout.
Que rien n'a changé à "l'école" : "La fabrique à fabriquer des idiots" ne m'étonne, donc pas.
L'hypocrisie et la suffisance du corps enseignant, des assistantes sociales et des parents (pour ces derniers, trop souvent, en tout cas) non plus.

Lundi, j'ai entendu que : "les professeur n'avait qu'une dizaine d'heures de cours de pédologie" et qu'un garçon avait dit : "si on frappe pas une fille, on l'aime pas".
La seule chose qui me console, c'est de ne pas avoir d'enfant.

Personnellement, je ne vois aucune utilité à ce tonneau pourri et nocif qu'est "l'Education Nationale", sauf pour l'Etat d'avoir de la "chair à travail" et à faire travailler l'"Agence Nationale Pour Esclaves" et ses bureaucrates, en particulier ceux qu'on appelle : "les profs : ces putes planquées".

Portrait de Misora

J'ai subi des brimades à l'école et au collège, j'ai été prof aussi et que dire? Quand on sort du moule, quand on ne respecte pas la hiérarchie (je ne sais pas faire preuve de déférence), quand tu as un handicap invisible à l’œil nu, et surtout quand tu ne suis pas à la lettre ce que l'Educ Nat te demande de faire, tu n'es plus dans le lot, ni à mettre dans une case, c'est la raison de mon ratage lors du concours. Pour moi, c'est le fondement même de la société le problème. Dès que tu es différent, pas dans l'uniformité, tu es relégué au second plan et l'Education Nationale remue bien le couteau dans la plaie, à rester sur ses acquis et à tenter hypocritement de prendre exemple sur les autres pays sans prendre en compte l'essentiel : les élèves eux-mêmes et les parents sont soit formatés par le modèle sociétal éducatif, soit dépassés par les événements. Pas étonnant qu'aux Etats Unis, de plus en plus de parents préfèrent donner des cours à leurs enfants plutôt que de les mettre à l'école.

Portrait de SHKareshi

Honnêtement, quand j'ai posté ce message, je ne m'attendais pas à avoir des réactions aussi "extrêmes" vis-à-vis du système scolaire. Mais hélas, je ne peux que les comprendre. Depuis que je suis conseiller municipal, et que je gère notamment l'école du village (activités péri-scolaire, tout ça tout ça…), j'en apprends beaucoup, et je rencontre beaucoup de monde. Je suis assez horrifié de constater à quel point, en France, il y a une vraie perte de confiance qui s'installe, vis-à-vis de l'entité "école". C'est… Grave. Mais symptomatique de toutes les discordances qui règnent aujourd'hui au sein l'éducation française. Il faudrait un énorme coup de pied dans la fourmilière, mais qui pourrait réaliser ça ? A ce rythme, on fonce dans le mur. Parents, professeurs, élèves, élus municipaux… Trop de personnes ont perdu foi dans l'école publique.

 

En tout cas, soyez sûrs que dans les mois à venir, on va parler via nos mangas de "l'école".

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.
Image CAPTCHA
Entrez les caractères qui apparaissent dans l'image.

© 2017 AKATA. Tous droits réservés.